L’insurrection vendéenne : La bataille de Gesté

Interview de Mr Durand sur la bataille de Gesté, sur la base du texte ci dessous :

La paroisse Saint-Pierre de Gesté, dépendant pour le spirituel de l’évêché d’Angers et du Doyenné des Mauges, dépendait pour le temporel de la juridiction de Beaupréau, et présidial d’Angers

En 1792, la colère monte de plus en plus à Gesté (1623 habitants). Les habitants de la localité, de tempérament conservateur, n’approuvent pas les excès de la révolution. Ils sont blessés dans leur conscience.

La constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790 a mécontenté profondément la population. Celle-ci n’accepte pas la nationalisation des biens du Clergé et encore moins qu’on lui impose un curé constitutionnel considéré comme un intrus. L’intrus, c’est le curé assermenté, Pierron, qui a remplacé en juillet 1792 le curé Taugourdeau, réfractaire.

Les paroissiens restés fidèles au Pape, considèrent comme nuls les sacrements d’un prêtre obéissant aux ordres de la révolution et de ce fait séparé de Rome.

L’intrus sera tué au lieu-dit Chêne Trutton en septembre 1792. Les sacrements seront administrés en cachette par l’abbé Delaunay, vicaire de 1792 à 1798, qui réussira à se cacher dans les forêts des environs pour échapper aux révolutionnaires.

Les municipalités partagent entièrement les sentiments religieux de leurs administrés et vont essayer le 30 avril 1792 de régler ce problème épineux par la négociation. Les maires de 34 communes se réuniront ce jour là à la Poitevinière, chez Courbet, charpentier et aubergiste, devenu maire en 1790 et démissionnaire en 1791.

L’abbé Cantiteau, curé du Pin en Mauges est chargé de la rédaction d’une pétition par laquelle est demandé le retour des prêtres infidèles et l’éloignement des intrus. La réunion est sans succès. Elle sera suivie d’une seconde au même lieu, le 8 mai de la même année. Celle-ci est dispersée manu militari  par le lieutenant de gendarmerie Boisard.

Les esprits commencent à s’échauffer.

Les 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné.

Dans les campagnes de l’ouest, de tradition catholique et royaliste, la colère gronde.

C’est donc sur un peuple mécontent, anxieux, énervé, que l’annonce de la levée en masse de 300 000 hommes pour défendre les frontières, éclate comme une bombe. L’annonce de la conscription parvient à Gesté le samedi 2 mars en plein marché. La nouvelle est fort mal reçue.

Le 12 mars, le tirage au sort à Gesté se déroule normalement en présence de 260 hommes d’armes. Il n’en est de même, le même jour, à Saint Florent le Vieil où éclate une véritable émeute.

Les Gestois, comme la plupart des vendéens, ne veulent pas envoyer leurs gars défendre une patrie qui leur refuse la liberté religieuse à laquelle ils sont si profondément attachés. Ils s’arment comme ils peuvent, vont rejoindre les insurgés des communes environnantes et participent à la première campagne qui après quelques victoires échoue devant Nantes.

Le 29 juin, Pierre Gautier, 26 ans cultivateur à la Brûlaire est tué au combat de la Saint-Pierre à Nantes.

Les registres de l’état civil de l’époque relatent également le décès de Jean Boussicot, 37 ans meunier au moulin de la Thévinière, décédé au combat de Martigné-Briant en juillet.

Le 14 août, Joseph Sicher, valet à la Thévinière est tué à la bataille de Luçon et jean Racineux, 16 ans, disparaît à la bataille de Cholet le 17 octobre suivant.

Plusieurs dizaines d’hommes ont également participé au retrait de Cholet et au passage de la Loire pour la virée de galerne, 16 d’entre eux sont portés disparus et ne reviendrons jamais.

Tous ne passèrent pas la Loire. Deux d’entre eux accompagnèrent le marquis d’Elbée, blessé 14 fois lors de la déroute de Cholet, qui demanda l’hospitalité à Charrette dans l’île de Noirmoutier. Ils furent pris et fusillés comme lui par les révolutionnaires. Ce sont, Joseph Vincent, 21 ans, tisserand au bourg, fusillé le 12 janvier 1794 et Jacques Vincent, 36 ans son frère, fusillé le 18 janvier.

Gesté n’échappa pas aux colonnes infernales. Les chefs républicains appliqueront à la lettre les consignes de Thurreau :

« Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises, seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les femmes, filles et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé, sera livré aux flammes. »

Stofflet, au retour de la virée de galerne, se jette contre les colonnes infernales et participera à la bataille de Gesté, les 31 janvier et 1 février 1794.

La bataille de Gesté :

Vers la fin de janvier 1794, les vendéens avaient formé un rassemblement à Tillières, rassemblement inconnu des républicains de Gesté, car le 30 janvier, ils s’emparèrent facilement de cette localité alors habité de 1623 habitants. Les vainqueurs toutefois retournèrent coucher à leur camp de Tillières.

Le lendemain, vendredi 31 janvier, vers midi, arrivèrent les rejoindre, Stofflet, de la Bouère, le jeune Cathelineau et les hommes que commandait la Rochejaquelein, tué si malencontreusement l’avant-veille à Nuaillé. Dès le soir, tous ensembles allèrent se coucher à Gesté. Là, ils apprirent que les républicains, croyant la Rochejacquelein à leur tête, voulaient les attaquer en les enveloppant avec trois colonnes infernales fortes de chacune 3000 hommes environ et commandées par 6 généraux : Cordelier, Crouzat, Flavigny, Moulins, Robinet et Jacob. A cette nouvelle, ils résolurent d’aller au plus tôt à la Regrippière demander du secours aux de Bruc qu’ils savaient avoir formé là un rassemblement.

Du côté des républicains, Cordelier et sa colonne quittent Jallais le matin et arrivent à Montrevault où ils trouvent le1er bataillon de Maine et Loire dit des pères de famille. Apprenant là que des bandes vendéennes sont passées la veille à Montigné, Montfaucon, à Tillières et à Gesté, il ordonne à Crouzat qui se trouve à Saint Philbert en Mauges de se porter à Gesté et d’attaquer les blancs sur 2 colonnes. Le bataillon des pères de famille va rester à Montrevault pour le garder car Cordelier ne l’a finalement pas incendié, l’esprit public ne lui paraissant pas mauvais dans cette bourgade.

Dès le lendemain samedi 1er février, de grand matin, Stofflet, Poirier de Bauvais et Monnier partirent réclamer du secours, laissant à la tête des hommes de Gesté, Cathelineau, de la Bouère et de Beaurepaire.

A peine les délégués furent-ils partis que l’on signala l’arrivée des bleus vers 8 h du matin par la route de Villedieu. C’était Crouzat venu de Nantes par Clisson, Torfou et ayant couché à Saint Philbert. Le combat commença au Petit-Moulin et se continua avec acharnement jusqu’au bourg. Les vendéens accablés par le nombre pliaient et déjà quelques-uns avaient pris la fuite dans la direction des landes de la Musse. Les républicains, au lieu de les poursuivre sans trêve, s’attardèrent dans le bourg à massacrer les infirmes, femmes, enfants et vieillard à qui pourtant ils venaient de promettre la vie sauve pourvu qu’ils restent dans leur maison.

Ce retard donna du répit aux vendéens qui, avec quelques recrues venues fort à propos de la Regrippière, revinrent à la charge. Cette fois, les ennemis furent mis en complète déroute et poursuivis jusqu’au-delà de Villedieu, perdant beaucoup d’hommes tout le long de la route. A leur retour à Gesté, les royalistes trouvèrent le bourg envahi par les bleus, c’était la division Cordelier venant des environs du Puiset et arrivée trop tard pour secourir Crouzat. La plus grande partie des troupes de cette colonne Cordelier était campée en dehors de la localité auprès du moulin de Tambourinières où elles semblaient se fortifier pour mieux connaître les positions de l’ennemi.

Monsieur de la Bouère et un autre cavalier s’avancèrent jusqu’au pont de bois. Là, ils furent attaqués par deux sentinelles non en uniformes. Dans le combat qui s’engagea, M de la Bouère eut l’oreille coupée. Malgré sa blessure, il aida son compagnon et se tira de ce mauvais pas après avoir blessé grièvement les deux assaillants.

De retour auprès de Stofflet, tous les chefs jugèrent ensemble qu’il n’était pas prudent de différer le combat. Aussitôt donc l’attaque commença. Le choc fut terrible et meurtrier lorsqu’il s’agit de s’emparer du Moulin des Tambourinières. Deux fois les Vendéens furent repoussés, mais à une troisième attaque, l’ennemi fut débusqué de son fort et obligé de fuir en désordre par la route de Nantes. Les vainqueurs les poursuivirent, la baïonnette aux reins jusqu’à la Sanguèze au lieu-dit le pont des romains, où les fuyards abandonnèrent chariots et ambulances qui furent aussitôt pillés.

A ce moment, Stofflet s’aperçu qu’il était suivi de près par une autre colonne d’ennemi, celle de Beaupréau arrivée en retard de Chalonnes. Le général, sachant ses hommes trop fatigués pour affronter un nouveau combat, leur commanda de gagner la Chaussaire. Ce changement de front arrêta les républicains qui crurent à une ruse de guerre comme les vendéens en employaient souvent. Ils retournèrent sur leurs pas vers Beaupréau d’où ils revinrent, mais en passant à Gesté ils incendièrent le bourg à l’exception de quelques maisons qu’ils connaissaient. Seules, six maisons restèrent debout.

Rendus à la Chaussaire, Stoffet commanda à Monnier de prendre avec lui deux hommes connaissant le pays et d’aller le soir même coucher vers Saint-Germain afin de pouvoir le lendemain réunir le plus d’hommes possibles et de revenir le trouver pour aller ensemble à Beaupréau surprendre les bleus qui n’avaient pas oser les attaquer. Monnier, quoique bien fatigué, malgré la nuit noire et l’heure avancée partit immédiatement avec ses deux compagnons. Voici comment lui-même raconte leur passage à Gesté : Arrivée à l’entrée du bourg, nous nous arrêtâmes quelques instants pour nous assurer qu’il ne restait pas quelques bleus là. N’entendant que le bruit des flammes et des charpentes qui s’écroulaient, nous nous décidâmes quand-même à traverser. Mais comment faire ? Les charpentes des maisons en feu tombaient dans les rues. Heureusement que nos chevaux n’étaient pas peureux car nous passions sur des chevrons en feu qui nous barraient le chemin. Nous voyons dans les portes et dans les intérieurs des maisons des femmes et des vieillards égorgés que le feu brulait et dans les rues des enfants massacrés et écrasés que l’on avait jetés. Ce qui nous effraya le plus, ce fut une maison encore debout toute en feu. Nous aperçûmes dans les chambres du bas une quantité de victimes qui brulaient et dont l’odeur qui sortait par les croisées nous infectait. A peine étions nous passé de quinze pas que la charpente s’écroula, ce qui fit un feu épouvantable. Ce fut le spectacle que nous eûmes en traversant le bourg de Gesté le Premier février 1794 à dix heure du soir.

Le surlendemain, Stofflet et le renfort que lui amena Monnier, l’escadron de Montfaucon, battirent les bleus retournés à Beaupréau.

La croix du Petit-Moulin, érigée le 29 novembre 1892, commémore la victoire vendéenne de la bataille de Gesté du 1er Février 1794.

S’apercevant que les vendéens cherchent à le cerner, le général républicain ordonne la retraite sur le Doré, d’autant plus que ses bataillons de première ligne sont enfoncés. Son avant-garde, devenue arrière garde, et sa cavalerie protègent sa retraite. A 8 h du soir, au Doré, il ignore ce qu’est devenue une partie de sa colonne écrasée et apeurée car « les hurlements affreux de l’ennemi ont porté l’épouvante dans l’âme des soldats ».

La brigade de la division Cordelier commandée par l’adjudant-général Flavigny, fuit jusqu’à Nantes. A Cholet, le général Moulin « le jeune », annonce à Thurreau arrivé à Montaigu, la défaite de la colonne de gauche du général Crouzat, commandée par le chef de brigade Robriquet, à Gesté. Celui-ci a retraité sur Saint-Philbert en Mauges où il n’a pas retrouvé son chef et il a essayé de protéger un convoi qui le suivait. Les fuyards ont regagné Cholet.

Le dimanche 2 février à 3 h du matin, Cordelier quitte le Doré pour gagner Montrevault où il arrive à la pointe du jour. Il y retrouve une partie des fuyards de la veille, mais pas son avant-garde.

A 1 h du matin, la brigade de Flavigny, en fuite depuis Gesté, se présente à la barrière Saint Jacques au sud de Nantes et demande à entrer dans la ville. Le général Vimeux commandant de la place, lui refuse l’entrée et après lui avoir fait passer la nuit dehors et interrogé Flavigny, il envoie cette brigade au Loroux-Bottereaux où elle attendra de nouveaux ordres.

Dans une lettre au général en chef, Carrier, qu’on ne voit jamais aux armées et qui se terre courageusement à Nantes, lui ordonne de prendre des sanctions contre les traitres et les lâches responsables de la défaite de Gesté qu’il qualifie « de déroute vraiment inconcevable ». Pour lui, il est étonnant et humiliant que des républicains aient lâchement fui devant un rassemblement de brigands sans artillerie et dont la plupart n’avaient point de fusils.

Le lundi 3 février 1794, Stofflet accompagné de la Bouëre, de Rostaing, de Fleuriot, de Bérard et des frères de Bruc, venant de la Chaussaire, attaque Beaupréau où il est victorieux, puis il marche sur Chemillé désert et revient à Maulévrier, où il apprends à ses divisionnaires la mort de la Rochejacquelein, tenue cachée jusqu’à ce jour.

Le mardi 4 février, le général Moulin envoie à Tiffauges un détachement de 530 soldats de la colonne de Crouzat, réfugiés à Cholet après leur défaite de Gesté. Cherchant à se laver de son échec de Gesté, le général Cordelier, toujours à Montrevault où il a rassemblé toutes ses troupes, dénonce à Thurreau, l’adjudant-général Flavigny comme bouc-émissaire. Il lui reproche de n’avoir pas obéi à ses ordres, d’avoir filé à Nantes au lieu de le rejoindre au Doré. Cordellier envoie Flavigny à Saint-Florent-le-vieil, en prison pour cette faute impardonnable.

Le mercredi 5 février le général Cordelier et sa troupe reconstituée, quitta Montrevault pour rejoindre à Tiffauges le général en chef Thurreau. Sa colonne infernale pris la route de Gesté où ils arrivèrent à l’improviste dans le bourg. Là, ils firent main basse sur les malheureux habitants qui avaient crus pouvoir entrer dans leurs demeures incendiées pour commencer à en réparer les dégâts. Ces infortunées victimes, jointes à celles prisent dans les fermes le long de la route de Montrevault, formaient un total de plus de trois cents. Elles furent conduites et gardées à vue devant l’hôtel où se trouvait réunis les chefs républicains. Ceux-ci, avant leur départ, divisèrent leurs hommes en deux colonnes dont l’une prit la route de Clisson ou l’attendait Grignon. L’autre se dirigea sur Montfaucon et Tiffauges. Cette dernière division conduite par Cordellier se chargea d’emmener avec les prisonniers. Au moment du départ, fut réclamée l’ancienne domestique du curé Pierron, le curé jureur appelé l’intrus et tué au lieu-dit « le Chêne Trutton ». Cordellier exauça cette demande amicale et accorda la liberté à la jeune servante par ces mots : « Casaquin rouge, sortez des rangs ».

La colonne déjà en marche, continua sa route vers le Plessis. Les victimes qui n’ignoraient pas le sort qui les attendait, marchaient en silence égrenant leur chapelet. Un témoin oculaire, une domestique de l’Ecorcheloire occupée à laver du linge dans le ruisseau entre le bourg et le Petit-Moulin, eut son attention attirée par les pas de la troupe silencieuse. La tête de la colonne  n’était plus qu’à quelques pas d’elle, alors ne pouvant plus sans danger s’enfuir, elle se blottit dans le buisson qui lui servait d’abri. Elle vit qu’en deçà du Petit-Moulin une pauvre femme ne pouvant suivre fut assommée ainsi que l’enfant qu’elle portait dans ses bras. Les deux cadavres furent jetés dans un pré voisin. Il s’agissait de Renée Godin demeurant au bourg, agée alors de 28 ans, fille de Pierre Godin journalier et de Marie Rousselot, épouse de Jean Ravejeau Journalier. Sa fille Perrine Ravejeau massacrée avec elle n’était agée que de cinq ans.  Lorsque la colonne fut rendue au Plessis, les victimes furent placées dans l’allée de la Bourie où les bourreaux après avoir mis le feu au château et à ses dépendances les fusillèrent à la lueur de l’incendie.

Les corps des martyrs reposent au lieu même du supplice, à l’endroit où se trouve une croix en pierre érigée le 29 novembre 1892.

Après ce haut fait d’armes Cordellier pouvait bien écrire le lendemain à son chef Thurreau : «J’ai ponctuellement exécuté ton ordre de purger par le fer et le feu les endroits que j’ai rencontrés sur ma route, car indépendamment que tout brule encore, j’ai fait passer derrière la haie, environ six cents particuliers des deux sexes. »

Le même jour, Marc-Antoine Jullien, fils d’un conventionnel, envoyé de Bordeaux à Nantes dans l’ouest pour observer l’esprit public de plusieurs villes écrivait à Robespierre une lettre dénonçant la tyrannie et les crimes de Carrier et de son exécutant, Thurreau.

Mais Thurreau se trompait lorsqu’il disait le 19 janvier 1794 : Sous quinze jours, il n’existera plus en Vendée, ni maisons, ni armes, ni vivres, ni habitants. En effet, Stofflet continua la lutte contre les colonnes infernales et vengera la cruauté des sanguinaires.

Il est difficile de connaître avec précision le nombre de victimes gestoises. De 1623 habitants recensés en 1790, on n’en compta plus que 1140 en 1806, 11 ans après.

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La Chapelle de Bon Secours à Bégrolles en Mauges

La fontaine primitive, fermée depuis une 50aine d’années est sous la Vierge, la source étant sous l’autel. Il est dit que l’eau bue avec foi soulagerait ceux qui ont mal aux yeux (valable pour la source actuelle).

A l’arrière, la tourelle de granit est du XVIIème siècle, et laVierge de Bellefontaine de fin XVIIIème siècle.

La chapelle continue à être en restauration.

En 1791, la chapelle devient un lieu de rassemblement des réfractaires au schisme de l’Eglise constitutionnelle (dont Jacques Cathelineau). Ils venaient par milliers.

200 hommes de Cholet viennent pour emporter la statue de la Vierge et détruire la chapelle. C’est un échec. Ils reviennent quelques jours plus tard au nombre de 500 et avec 2 pièces de canon. La chapelle est détruite et la statue emportée à Cholet.

A leur tour, les Vendéens s’emparent de Cholet, en mars 1793. Ils ramènent la statue dans la chapelle qu’ils avaient reconstruite sommairement.

En octobre 1793, après la défaite de Cholet, les Vendéens emportent la statue qui aurait disparu au passage de la Loire, lors de la « Virée de Galerne » à St Florent le Vieil.

A l’intérieur de la chapelle, se trouvent des peintures de M. Chapleau réalisées en 1949 sous Dom Sortais. A gauche, la Vierge ; à droite, les Vendéens ; en haut au milieu, le cœur vendéen auquel Dom Sortais était attaché.

L’autel est en fait un gros rouleau de granit utilisé pour écraser le grain.

Les briques habillant les murs ont été réalisés par Maurice PAPIN dont l’épouse fait partie de la Bonne mémoire Bégrollaise.

La Vierge de Bon Secours (à l’intérieur), œuvre de M. Fréour, a été bénie le 2 juillet 1949, de même qu’une statue en bois de St Martin qui était sous le porche (aujourd’hui à l’abri des vandales).

Pourquoi Bon Secours ?

En 1816, quand les moines reviennent après la période révolutionnaire, Dom Urbain Guillet, nantais d’origine, refonde l’abbaye cistercienne et en mémoire à la chapelle de Bon Secours à Nantes, il décide de donner le même nom.

Les Trappistes remettent en place le pèlerinage du 15 août en 1817. Ce pèlerinage durera jusque dans les années 60. On construisit à côté de la chapelle un grand calvaire avec 33 stations, sous Dom Augustin de Lestrange.

La chapelle est réédifiée de 1834 à 1839. La date de 1832 (sur la façade de la chapelle) correspond à la bénédiction abbatiale. Elle est restaurée par Dom Sortais, et l’on y ajoute le porche en charpente. Sur le poteau droit de la charpente, on remarque les armes de Dom Sortais.

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Le legs d’un soldat allemand pendant la guerre 39-45 à Beaupréau

Cet article a été rédigé par M. YOU :

Au n° 4 Boulevard du Général de Gaulle., existait un café qui avait 2 façades.

L’une donnait sur le « Boulevard de la Gare » qui montait à l’ancienne Gare du Petit Anjou

Et l’autre donnait « Place du Champ de Foire »      (actuellement place du 11 novembre 1918)    Ce café était tenu par Mme Allemand.

Pendant l’occupation allemande, ce café était appelé la « Petite Kommandantur » et était le lieu de rassemblement des soldats casernés à Beaupréau. Ils venaient s’y détendre et prendre quelques repas et l’avait surnommé « le Kâsino »…

A cette époque, le café avait à peu près cet aspect (image reconstituée) :

En 1942, parmi ces soldats, l’un d’eux s’est mis à décorer quelques pièces de nombreux dessins peints directement sur les murs. Ces dessins représentaient des scènes plus ou moins guerrières : des drapeaux, des tambours décorés, des armes, des paysages, et 2 dessins plus importants. L’un d’eux représente un cavalier en armure sur fond de ville fortifiée (probablement Lübeck). Il a été rayé par un marchand de bestiaux qui avait trop arrosé les affaires faites un jour de foire. Ce dessin est d’une dimension importante : 1,60m x 1,10m.

L’autre représente une scène de campement militaire avec un village en feu en arrière plan, pouvant se situer vers les XVème – XVIème siècles.

Ce dessin est encore plus imposant que le précédent : 3,20m x 1,20m.

Seuls, ces deux dessins sont encore visibles. Ils sont signés : S.Mania – 1942.

Les autres sont maintenant cachés sous des tapisseries ou derrière des contre-cloisons faites lors de la transformation de l’ancien café en habitation.

Aux dires des témoins de cette époque, ce soldat aurait voulu laisser une trace avant son départ sur le front de l’est d’où il supposait ne pas revenir.

Ces 2 fresques ou dessins ont survécu aux affectations successives de la pièce dans laquelle ils sont situés (habitation, cabinet d’expertise comptable, studio photo…). Ils avaient été encadrés par mes soins à même le mur pour les mettre en valeur et les conserver.

Le nom de son auteur reste un mystère. Est-ce un nom d’origine espagnole (des mercenaires espagnols ont été engagés dans l’armée allemande suite à la guerre civile de 1936-1939 en Espagne), ou un nom typiquement allemand ? Les témoins de l’époque ne se souviennent pas.

On retrouve des patronymes « Mania » dans toute l’Europe.

Après 70 ans passés, ni le temps, ni l’humidité ne sont venus à bout de ces deux œuvres, qui pourraient aujourd’hui faire l’objet de visites (avec l’accord du propriétaire) dans le cadre du jumelage entre Münsingen et Beaupréau et conforter ainsi l’amitié qui lie nos deux pays par une longue et douloureuse histoire commune.

M.You – mars 2012

PS: Il m’a été donné de voir en juin 2011 quelque chose d’à peu près similaire dans un village corse du pays de Balagne. Des dessins ont été faits dans la pièce principale d’une maison par un soldat italien avant son départ. Un seul représente une scène de guerre, les autres sont d’inspiration plus « artistique » et mêlent des personnages dont les traits ont été « empruntés » aux habitants du village de l’époque.

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L’énigme des pierres tombales de Villedieu-la-Blouère (2ème partie)

Que nous dit Spal pour le cimetière appelé « Champ des Francs ».

« Le petit cimetière de cette paroisse est aussi digne d’intérêt, il enferme un grand nombre de pierres funéraires. Les unes frustes et irrégulières, les autres régulières mais sans aucune trace, sans inscriptions ou dessins, elles sont plantées en forme de dalles. Mais, à gauche du calvaire en bois qui existe dans le cimetière, et à l’est d’une croix de pierres, se trouvent des tombes d’un aspect particulier et comme nous n’en avons pas encore vu dans le pays.

Ce sont des sortes de sarcophages massifs en granit dont la partie supérieure est couverte dans toute sa longueur d’une croix comme celle formée par le drap mortuaire sur nos cercueils. Elle est sculptée en relief, les bras surélevés et suivant la pente des côtés du sarcophage. Toutes les pierres de cette espèce ont le pied de la croix tourné vers l’orient, qui fait ici face au portail de l’ancienne église.

Un prêtre qui m’accompagne me dit qu’on enterrait aussi tous les prêtres en leur faisant faire face aux fidèles, ce qui est vrai de toutes les sépultures chrétiennes des Mauges.

Ces pierres qui ne portent aucune trace d’inscription seraient-elles les pierres funéraires de Chêne Courbé ? Je ne vois aucune pierre tombale des curés de la Blouère, dont les noms me sont connus.

Près du calvaire en bois et au sud de celles que je viens de décrire et dont la hauteur varie, se trouve une pierre plus élevée que toutes les autres. Elle est seule de ces dimensions, elle porte, comme les autres, la croix dont nous venons de parler mais cette croix  est tournée dans un sens opposé, c’est-à-dire que le pied de la croix est tourné à l’ouest. Et de plus, les bouts du sarcophage sont ornés d’une croix de Malte. Au-dessus de celles-ci et aussi à chaque extrémité, se trouve un dessin que l’ont pourrait prendre pour des tenailles. Pourquoi cette tombe est-elle plus élevée que les autres ? Pourquoi est-elle autrement orientée ? Pourquoi les signes dont elle est accompagnée ne sont sur aucune autre ? Villedieu, à 1 Km de la Blouère, était commanderie de Malte. Ces pierres tombales, est-ce un monument de l’ordre ? ».

Ce que prend Spal pour des tenailles est en fait un triangle surmonté d’un nimbe.

On trouve la dalle tumulaire d’un curé Nicollon (a-t-elle été  déplacée au moment du transfert du cimetière ?)  J’ai trouvé  deux autres dalles tumulaires qui, manifestement, ne sont plus en place : la première se trouve à l’entrée du cimetière (elle sert maintenant de seuil à la grille de l’entrée principale). La deuxième se trouve placée sous l’emmarchement de la croix stationnale à gauche et sert de première marche à ce monument. Elles se ressemblent : elles sont de même dimension, elles ont la même sculpture, sans doute une croix ? Elles sont toutes les deux en granit gris, y aurait-il eu d’autres dalles en plus de celles-ci ? La rumeur dit que d’autres pierres auraient servi, (comme des dalles tumulaires situées dans l’ancienne église du XII° siècle) au pavement de l’allée centrale de l’église actuelle. Il est très difficile de le prouver : je n’ai pas retrouvé d’écrit à ce sujet et on n’a pas retourné ces dalles lors des travaux de réfection du pavement de l’église. Peut-être aurions-nous vu  des indications sculptées qui nous auraient aidés ?

Les pierres tombales

Enfin, Célestin Port parle de « tombes d’un aspect particulier » qu’il appelle « sarcophages massifs de granit en forme d’auge »… et ce sont celles qui nous intéressent particulièrement. Onze pierres tombales, à peu près semblables, étaient placées alors autour de «la croix stationnale», dans le Champ des Francs. Huit des onze pierres furent déplacées une première fois un peu avant la guerre de 39-45. Elles furent disposées de chaque côté de l’allée qui mène de l’entrée du cimetière au monument aux morts. Trois d’entre elles restèrent en place face à la croix stationnale. L’ensemble (les onze pierres et la croix) fut inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. (On peut noter que la croix érigée au bout du chemin de la Brandelière est également classée).

Déplacement des pierres tombales et inauguration.

Lors d’une visite en 1986, monsieur Legof, responsable  du service des monuments classés au département, alerta le conseil municipal et l’association pour la défense du patrimoine au sujet du mauvais état de conservation des pierres et du danger que celles-ci couraient face à la pollution atmosphérique. Il fallait, nous dit-il, les abriter. Puisque les pierres n’étaient pas regroupées, il nous proposait de construire différents abris dans le cimetière, pour qu’elles soient protégées des intempéries.

Le conseil municipal de l’époque et l’association pour la défense du patrimoine, trouva cette solution inesthétique pour les pierres et pour le cimetière. Nous avons préféré une autre solution qui consistait à les déplacer dans l’église de la Blouère pour qu’elles soient abritées et mises en valeur. Nous avons d’abord refait la couverture puis l’entretien intérieur de ce bâtiment.

Déplacement des cénotaphes

Après bien des discussions entre les services du département, la paroisse et l’évêché, nous avons fini par nous mettre d’accord pour qu’elles trouvent enfin leur place dans le transept de l’Eglise ; elles sont placées un peu comme les gisants du Moyen-Âge, les pieds tournés vers l’autel. L’inauguration de cet aménagement se fit en grandes pompes, en 1993. L’ordre des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem et de Malte envoya plusieurs de ses représentants. Ils vinrent à cette manifestation en grande tenue, avec leur robe et le manteau noir frappé de la croix blanche à huit pointes sur le coté gauche. Cette cérémonie fut impressionnante par l’émotion qui s’en dégagea.

Inauguration avec des Chevaliers de Malte en habit

Des sarcophages…  des pierres en dos d’ânes… des cénotaphes ?

Célestin Port parle de « sarcophages ». Il a sans doute mal interprété le rapport de Spal. Un sarcophage est une « auge » dans laquelle on déposait les corps et sur laquelle on plaçait ensuite un couvercle. Le sarcophage peut être plus ou moins décoré de sculptures. Ici, il n’y a ni auge ni couvercle, mais une pierre en dos d’âne. « Dos d’âne : disposition d’une surface formé de deux pentes inclinés de chaque coté de leur ligne de jonction » Les sarcophages contenaient réellement le corps du défunt. Ils sont très  nombreux pendant les périodes mérovingienne et carolingienne. On n’en trouve plus guère après les XII° siècle. Dans les provinces du Nord, les corps étaient parfois enterrés sous un simulacre de sarcophage qui était alors un « cénotaphe ». Cénotaphe vient de kenos (vide)  et taphos (tombeau). (Violet-Leduc, 1993, tome II, 77). On peut même parfois édifier un cénotaphe sans qu’il  n’y ait aucun corps, comme monument commémoratif pour honorer un défunt.

Des sarcophages

Les monuments de La Blouère sont donc des cénotaphes plutôt que des sarcophages. En tous cas, c’est ainsi que nous les avons nommés depuis quelques années à Villedieu-la-Blouère. Mais il est bien sûr, toujours possible de discuter cette appellation.

Yves Naud (à suivre…)

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La légende du château de la Chaperonnière à Jallais

A l’emplacement du château actuel une première construction se dresse déjà vers le milieu du XIIème siècle. Elle appartient à la famille Chaperon, qui lui donne son nom.

L’un des seigneurs de cette puissante famille, Jehan Chaperon, devient célèbre en prenant part à de nombreuses batailles. On l’appelle « Le Petit Chaperon » à cause de sa courte taille.

Au retour d’une de ses nombreuses expéditions guerrières, le « Petit Chaperon » se marie avec une demoiselle aussi noble que belle, fille du seigneur de Rochefort. Un ménestrel, chanteur en renom de l’époque, compose une complainte
« Tous les chemins devraient fleurir »
« Tant belle mariée va passer »

La fête est magnifique et suivant la coutume, la jeune épouse défile montée sur une mule blanche. A côté d’elle, caracole le joyeux Chaperon, revêtu d’un costume étincelant. Le repas dure la journée entière et se compose d’une centaine de mets, le tout arrosé de vins exellents.

Le lendemain, les jeunes mariés visitent leur domaine. En rentrant au château, ils trouvent un messager du baron de Montrevault : « Le Petit Chaperon doit repartir aujourd’hui même combattre les Arabes, en Espagne »

« la jeune épouse ne fait que pleurer » gémit la complainte…
Chaperon retire l’anneau nouvellement enroulé à son doigt, le brise en deux parties, confie la moitié à sa dame et garde l’autre pour lui. Puis le malheureux époux s’en va, monté sur son cheval blanc et noir, nommé « La Pie ».

Sept années passent, sans nouvelles….;
« Le bon Chaperon est mort et enterré. » suggère la complainte.
La dame de la Chaperonnière s’apprête à convoler en secondes noces, avec un riche baron de l’Anjou. Tout est bientôt prêt, la fête sera encore splendide.
Mais, le jour venu, un groupe de soldats poussiéreux fait irruption dans la cour du château, au milieu des invités mécontents.
« Maman, viens voir, un cheval blanc et noir » crie Alnette, la fille de la châtelaine.
Celle-ci, n’ose y croire ; serait-ce  » La Pie », ramenant son Chaperon.
Il tire son épée, ouvre le pommeau et en sort la moitié de l’anneau brisé sept ans plus tôt; plus de doute, c’est bien le Petit Chaperon.

Le haut baron, fort déçu, repasse le pont-levis, et la complainte termine pour le mari revenu :

« ….Ma belle, vous donne l’assurance de jamais vous quitter. »
Il tient sa promesse et ne part plus guerroyer.

Différents ouvrages ont étés consultés au sujet de l’histoire qui nous intéresse: les auteurs sont loin d’être d’accord…

Quoi qu’il en soit, le Petit Chaperon vécut par la suite, lontemps, heureux et tranquille, entouré de sa femme, de sa fille Alnette et de ses autres enfants.
Cependant, peu à peu, le vieux manoir tombe en ruines. La voix de sa cloche fêlée ne résonne plus que faiblement au milieu des grands arbres, à la fin des longs jours d’été.

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La Petite Roche à Jallais en 1832

Cet article a été rédigé par M. CAILLEAU et publié dans le bulletin municipal n°60 de la commune de Jallais en décembre 2006.

la Petite Roche aujourd'hui

Sur la route de CHEMILLE, à partir d’une carte très ancienne datant du XVIIIème siècle, dite « carte de Cassini », on distingue nettement la Grande et la Petite Roche, ce qui n’est pas aussi facile sur une carte tracée à notre époque (1999), où l’on lit que la Roche et, sur le terrain « Petite Roche », avec un grand panneau portant « la Roche », pour l’histoire.

En cet endroit, un combat eut lieu, au début du mois de juin 1832 entre une compagnie du 54ème régiment d’infanterie, et une bande de « Chouans », vivement opposés à la royauté de Louis-Philippe, 1er fil de Philippe d’Orléans, dit « Philippe Egalité », l’un de ceux qui ont voté la mort de Louis XVI en 1793.

Une grande partie du texte qui suit a été empruntée à un manuscrit de Jules Nippon, prêtre, née à JALLAIS, au moulin du Gué, en 1826 et décédé le 22 juillet 1889 après une vie bien remplie.

Le 22 juin 1832, lundi de la Pentecôte, deux semaines après le drame de la Chaperonnière, au moment où une bande de « Chouans », composée de 50 hommes sous les ordres de Henri et Honoré Cathelineau et de leur cousin Blon, traverse la grande route JALLAIS-CHEMILLE, elle aperçoit un détachement de soldats du 54ème régiment et des gardes nationaux de CHEMILLE, commandé par un transfuge, le capitaine Barbot ; les soldat avancent contre la bande de Chouans ; celle-ci s’arrête aussitôt et les attaque de pied ferme.

Les militaires commencent la fusillade à 100 mètres ; celle-ci ne dure que 10 minutes ; les « Blancs » (Chouans) s’élancent à la baïonnette, en criant « Vive Henri V » et rejettent leurs adversaires dans un champ de genêts. La fusillade reprend bientôt ; la position n’est plus tenable ; les militaires – les bleus – se replient dans la cour de la « Grande Roche », d’où ils sont bientôt délogée… Cependant, ils parviennent à retourner vers CHEMILLE, en se glissant derrière les haies, nombreuses dans notre région. Henri Cathelineau se distingue dans cette dernière offensive ; ses camarades l’admirent beaucoup…

Un Cathelineau, en 1793, tira le premier coup de fusil dans les Mauges ; un Cathelineau tira le dernier en 1832 ; l’un et l’autre furent tirés a JALLAIS… Quant à Barbot, il revint au bourg de JALLAIS, où il mourut le 25 avril 1840, au terme d’une vie souvent agitée et, parfois bien pénible, ayant perdu l’estime de ceux qui le connaissaient.

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Le dernier Doyen des Mauges à Jallais

Cet article a été rédigé par M. CAILLEAU et publié dans le bulletin municipal n°57 de la commune de Jallais en janvier 2004.

Les documents qui ont permis la rédaction de cet article proviennent, pour une grande partie, des textes écrits par A. DOLBEAU, instituteur pendant plusieurs années et ensuite, régisseur-gérant, administrateur de quelques propriétés de JALLAIS. Il fut, en même temps, conseiller municipal de 1904 à 1918 et adjoint au Maire : M. de BOISSAC.

Julien LEROYER, dernier Doyen des Mauges, de 1783 à 1802, en même temps que curé, il fut aussi Maire de JALLAIS, d'octobre 1789 à décembre 1790.

Julien, Jean-Baptiste, Pierre LEROYER naît à LA FLÈCHE, le 27 septembre 1727… Aussitôt son arrivée à JALLAIS, il découvre la situation matérielle pénible de ses paroissiens et s’efforce de leur venir en aide. Le 3 février 1783, il écrit au « Journal de Paris » une lettre reproduite par les « Affiches d’Angers », dans laquelle il réclame de l’aide pour les habitants de JALLAIS, en particulier « les laboureurs » ruinés par une épizootie de « fièvre aphteuse » et aussi pour les artisans, qui manquent de travail… Donnant l’exemple, il fait construire, à ses frais, l’aile nord du presbytère ; il s’occupe activement de l’administration paroissiale, le conseil de fabrique, dans lequel il fait entrer Pierre LEMONNIER commerçant, Jean FAVREAU, puis Jules NIPON, meunier au Gué.

Sur le plan religieux, il organise une « Mission », prêchée par les Pères de SAINT LAURENT SUR SÈVRE, au début de mars 1791 ; n’ayant pas voulu prêter serment à la constitution Civile du Clergé, les Pères ne peuvent la terminer. Ils sont obligés de quitter JALLAIS, sous peine d’être expulsés, ceci malgré les démarches effectuées par J. LEROYER, qui avait été élu Maire de JALLAIS en octobre 1789, avant d’avoir refusé de prêter serment à la Constitution.

Condamné à l’exil, J. LEROYER se réfugie en Espagne ; mais ces vicaires, bien que concernés eux aussi, se cachent dans les environs, au péril de leur vie. Ils sont trois : Mathurin ABAFOUR, Michel CHENE, Benoît TERRIEN. « Le zèle de ces derniers fut à la hauteur de leur courage, et la violence seul put interrompre l’exercice de leur ministère », écrit A. DOLBEAU.

Le concordat, signé le 15 juillet 1801 par le général Bonaparte, met fin à cette lutte anti-religieuse… Un fait curieux, en apparence, est à signaler : en 1802, le Préfet de Maine et Loire, Pierre MONTAULT-DESILLES et l’Évêque d’Angers, Charles MONTAULT-DESILLES, sont frères, ceci d’après l’Institut Géographique National de 1973.

Aussitôt, M. LEROYER se hâte de regagner JALLAIS ; à son retour, la population l’accueille sans enthousiasme ; elle admire plutôt le courageux dévouement de ses vicaires, demeurés au milieu d’elle, toujours d’après A. DOLBEAU.

Le doyen découvre un bien triste spectacle : l’église est saccagée, le bourg en ruines, le presbytère détruit en partie, beaucoup de fermes incendiées. Sans tarder, M. LEROYER se met à l’ouvrage, payant de sa personne, de toutes les façons… Il lègue à ses paroissiens la totalité de sa fortune, en vue de la construction d’un hôpital, qui ne fut jamais bâti… Le 22 juillet 1801, assisté de l’Abbé ABAFOUR, car il est très fatigué. il baptise encore une fille du 1er Sous-Préfet de BEAUPREAU, Lin Loup BARRE, qui habite JALLAIS.

Le dernier doyen des Mauges, dont vous pouvez découvrir le portrait, décède le 2 octobre 1802.

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Le Beuvron

Beuvron : ce nom comme le nom « bièvre » veut dire « la rivière aux castors ». Il vient du gaulois (biber, beber ou bebros) qui signifie castor

Le Beuvron est un charmant ruisseau qui prend sa source à St Léger sous Cholet. Après un passage au May-sur-Evre, Bégrolles-en-Mauges et Andrezé, il rejoint l’Evre à Beaupréau, pas très loin du château. Il a reçu au cours des âges, plusieurs noms, notamment le Gué Brien.

Il appartient au bassin versant de l’Evre. A ce titre, il est capable de forts débordements à l’époque des pluies. Même pendant les étés les plus secs, il conserve un modeste courant d’eau, en raison des nombreux petits ruisseaux annexes et des sources qui l’alimentent, comme celle de Bellefontaine.

Ses rives sont garnies d’une grande quantité d’arbres d’espèces variées : chênes, frênes, châtaigniers, acacias, peupliers… Les poissons en avaient un temps disparu, ils sont revenus. Les rives du Beuvron ont déjà connu, sur Andrezé, plusieurs aménagements intéressants.

Une modeste passerelle permet aux piétons de passer des terres de Bégrolles à celles d’Andrezé. Elle est à la croisée de plusieurs chemins piétonniers pittoresques : le chemin des canons où se déroulèrent des affrontements lors des guerres de Vendée ; une voie romaine qui pose beaucoup de questions aux historiens et enfin deux autres sentiers : l’un rejoint la route Bégrolles-La Jubaudière, l’autre conduit à la chapelle de Bellefontaine et à l’Abbaye. La Planche de l’eau marquait, avant la Révolution, la frontière entre le diocèse d’Angers et celui de la Rochelle. Il y a près du chemin une pierre d’ardoise dressée, marquait-elle la limite entre ces deux juridictions ?

Texte rédigé par l’abbé Jean-Baptiste Papin et publié dans le Cahier des Mauges n°9

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Beaupreau ou Beaupréau ?

On trouve deux propositions d’origine :

  • Origine latine : Bellum Pratum qui signifie Belles Prairies. De grands espaces de verdure auraient cerné la ville autrefois. Il resterait comme exemple à ce jour les espaces occupés par l’hippodrome et le terrain d’entrainement des chevaux de course de l’écurie Pantall.
  • Origine gallo-romaine : prairie du Dieu bel. Ce Dieu Bel pourrait être le Dieu gaulois Belenos, surnom de l’apollon gaulois ou peut-être Belisama, surnom gaulois de Minerve. Divinité solaire, Belisama correspond au Belenos masculin, elle est la patronne des forgerons, des artisans du métal et du verre. Personnage considérable, elle préside aux beaux-arts, aux artistes liés à la féminité, elle est déesse mère guérisseuse. A la fin des années 1990, une statue féminine du IIème siècle avant Jésus-Christ fut découverte sur le territoire de Beaupréau qui peut faire penser à cette déesse.

Les deux prononciations sont possibles. Mais, généralement, les personnes originaires de la région ne prononcent pas l’accent tandis que les personnes de passage le prononcent.

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Château des Hayes : histoires vraies ou légendes ?

1ère petite histoire :
En 1697, un messager nommé SAUCE, venu du château de Beaupréau porter au château des Hayes des lettres patentes du roi érigeant la terre des Hayes en Vicomté, crut, pour gagner du temps, pouvoir traverser l’étang dans une barque qu’il trouva sur le rivage.

Or, la barque était pourrie et coula au milieu de l’étang. Des paysans qui se trouvaient à proximité entendirent les appels du malheureux et se portèrent à son secours. Mais en vain chercha-t-on pendant des heures… Le messager avait coulé à pic et on ne retrouva pas son corps.

Le lendemain, le propriétaire du château apprit de quels documents était porteur le noyé. Il ordonna de vider l’étang et ce fut dans la poche du cadavre à demi enfoui dans la vase que furent récupérées les lettres patentes de louis XIV.

2ème petite histoire :
On voyait, parait-il avant la révolution, sur la porte du château des Hayes, l’empreinte de deux fers à cheval. Voici comment les anciens expliquaient ce fait :

Un seigneur des Hayes, la rage et les désespoir au coeur, sortait un jour à cheval de l’antique manoir qu’il venait de perdre au jeu. En franchissant le pont-levis, il détourna sa monture en criant : « Adieu, château des hayes, je ne te verrai plus… »

Or, retournée fort brusquement, la noble bête, en se cabrant, avait appuyé si fortement ses pieds sur la vieille porte de chêne que ses fers s’y trouvèrent imprimés.

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